Retour à la liste d'infos générales

Egypte : santé et développement

Egypte : santé et développement

 

L’Egypte est un pays à revenu variant de faible à intermédiaire. L’économie est stagnante, avec une croissance faible et des difficultés à créer des emplois, d’où des taux élevés de chômage, de pauvreté et d’analphabétisme et une dégradation de l’environnement. Dans un pays où le tourisme contribue de manière significative au produit intérieur brut (PIB), les attaques terroristes de groupes fondamentalistes ont des conséquences négatives sur l'économie.

L’Egypte, plateau désertique divisé par la vallée du Nil, a une superficie de 1.001.450 km2 dont 6 % seulement est habitée. C’est le deuxième pays le plus peuplé de la Région de l’OMS pour la Méditerranée orientale.

SANTE & DEVELOPPEMENT

L’essentiel de la population a facilement accès aux soins de santé. L’Egypte a un réseau étendu de structures de santé permettant à sa population d’accéder facilement aux services de base. La gestion du système de santé est fortement centralisée au Ministère de la Santé et de la Population (MoH), lui-même en sureffectif. Différentes structures publiques (MoH, Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Défense et de l’Intérieur), la Health Insurance Organization (HIO), les médecins privés et organisations non-gouvernementales (ONG) sont impliqués dans la gestion, le financement et les prestations de services de santé mais sans mécanismes d’évaluation des performances. La HIO ne couvre que 50 % de la population et on assiste au développement d’un secteur privé non réglementé. Les produits pharmaceutiques fabriqués dans le pays représentent plus d’un tiers des dépenses de santé.

En général, les maladies transmissibles sont bien maîtrisées. Des taux élevés d’immunisation ont été atteints et maintenus. Bien que la prévalence des infections à schistosomiase (Schistosoma mansoni et S. hematobium) ait baissé au cours des dernières années, celle-ci demeure un problème de santé publique considérable, suivie de l’hépatite virale (C et A) et de la tuberculose. La prévalence du VIH/sida chez les personnes âgées de 14 à 49 ans est faible (0,01 %) ; l’Egypte est considérée comme un pays à faible épidémie pour le VIH/sida mais des facteurs de risque y existent.

La santé maternelle et infantile continue de poser des défis. Les taux de mortalité maternelle et infantile restent élevés. L’anémie ferriprive est répandue, de même que la malnutrition chez les enfants de moins de cinq ans, particulièrement en Haute Egypte.

Les maladies non-transmissibles ont tendance à augmenter. Les états neuropsychiatriques et les maladies du système digestif sont les causes principales de morbidité avec 19,8 % et 11,5 % respectivement de la charge non mortelle. Suivent les infections respiratoires chroniques (6,9 %), les traumatismes (6,7 %) et les maladies cardiovasculaires (5,6 %). L’arthrose, les traumatismes et l’asthme sont les causes principales d’incapacité. Les cancers les plus courants sont ceux du sein, du foie, de la vessie et des ganglions lymphatiques. La cécité touche environ 1,2 % de la population, surtout du fait de la cataracte ; le trachome est répandu dans certains gouvernorats.

Les troubles liés aux styles de vie prennent de plus en plus d’importance. Le tabagisme, l’abus de substances, le manque d’exercice physique, la surconsommation d’aliments gras et salés, la non utilisation des ceintures de sécurité et les infractions à la sécurité routière contribuent pour beaucoup à la morbidité et à la mortalité.

Les conditions environnementales sont un déterminant majeur de la santé. La pollution atmosphérique, surtout en zones urbaines, constitue depuis quelques années une préoccupation ; les particules et le plomb sont les polluants les plus importants et sont responsables d’une bonne partie des affections respiratoires. Le plomb a été progressivement supprimé de l’essence au Caire, à Alexandrie et dans la plupart des villes de la Moyenne Egypte à la fin de l’année 1997, ce qui a réduit sa concentration dans l’atmosphère.

Le pays reste confronté à des défis économiques. L’économie égyptienne est tributaire du tourisme, des envois d’argent effectués par les Egyptiens de la diaspora, du pétrole et des recettes tirées du Canal de Suez. L’agriculture représente 14 % du PIB, l’industrie 30 % et les services 56 %. La chute des prix du pétrole intervenue en 1986 a déprimé l’économie ; le chômage, le phénomène des sans-abri et la pauvreté augmentent. La réforme de la fonction publique (1991) et le programme de privatisation ont réduit l’inflation, le déficit budgétaire et la dette extérieure, mais n’ont pas réussi à en faire de même pour le chômage, malgré les efforts de création d’emplois. La croissance démographique rapide limite les possibilités du pays à réaliser un développement durable. Les inégalités, la réduction de la pauvreté et l'éducation restent les défis les plus impérieux de l'Egypte, particulièrement en milieu rural et en Haute Egypte.

OPPORTUNITES

DEFIS

• Réforme du secteur de la santé (1997-2008) fondée sur la couverture universelle, la qualité, l’équité, l’efficience et la viabilité.

• Le Plan national de développement 2002-2007 vise à améliorer la qualité et le niveau de vie ; augmenter les opportunités d’emploi ; réduire la pauvreté et offrir la sécurité sociale ; relancer la croissance économique, développer les ressources humaines (RH), accroître la participation des femmes et protéger davantage l’environnement.

Appui de la Banque mondiale aux initiatives de réforme du système éducatif.

• Insuffisance du budget alloué à la santé.

• Responsabilités éclatées pour les services de santé et la formation médicale ; programmes académiques désuets ; qualité de la formation inégale.

• Manque de confiance vis-à-vis du secteur public entraînant un recours au privé relativement cher et non réglementé.

• Capacités de gestion médiocres et système d'informations sanitaires inadéquat pour la surveillance, le pilotage et la prise de décisions concernant les maladies non-transmissibles.

• Capacités de direction du MoH en matière d'hygiène du milieu faibles.

Absence de plan de développement, mauvaise répartition et sous-utilisation des RH.

Taux élevé du travail des enfants (illégal).

Retour en haut