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Maladie d'Alzheimer au Liban

 

                                                                                                                                                          

Une étude à l’USJ pour améliorer le dépistage de la maladie d’Alzheimer au Liban

Une importante enquête, étalée sur deux ans, sera réalisée bientôt par le groupe de travail sur les démences (GTD) de l’USJ dans le but d’établir les normes pour une version arabe du MMSE (Mini Mental State Examination) adaptée à la culture libanaise.

« Le MMSE consiste en une série de questions que le médecin pose au patient pour évaluer ses fonctions mentales. Ce test, de passation très simple, administré en environ dix minutes, n’est pas un instrument diagnostique mais plutôt un instrument de dépistage », précise le Dr Rita el-Hayeck, spécialiste en gériatrie, chargée d’enseignement de gériatrie à la faculté de médecine de l’USJ et coordinatrice du GTD. Cet outil pratique, initialement mis au point aux États-Unis en 1975, est aujourd’hui appliqué dans le monde entier, après avoir été traduit et ses consignes ajustées en fonction des lieux où il est utilisé. « Comme il existe des différences culturelles entre les populations, des études de validation et de normalisation du MMSE ont été réalisées dans plusieurs pays », explique le Dr Hayeck. D’où l’importance de l’enquête menée par le GTD. « Nous voulons adapter les outils de dépistage de la démence à notre langue et à notre culture. Ce qui va permettre aux médecins de porter un diagnostic précoce et d’assurer un suivi mieux adapté aux patients et à leurs familles », poursuit le Dr Hayeck. 

Au Liban, peu de données sur la démence 
« Le Liban dispose de peu de données sur la démence du sujet âgé, malgré le vieillissement progressif de la population observé et prévu par les études démographiques », indique le Dr Hayeck. L’enquête menée par le GTD – groupe de travail constitué essentiellement par les membres des départements de gériatrie, de neurologie et de psychiatrie de la faculté de médecine de l’USJ – permettra d’estimer la prévalence de la démence au Liban et de mieux connaître les besoins, actuels et futurs, des personnes âgées en termes de soins médicaux. Elle portera sur un échantillon de plus de 1 000 personnes âgées de 55 ans et plus, vivant à domicile dans la ville de Beyrouth et ses banlieues. « L’étude pourra donc aider à mieux cerner les politiques sociales et sanitaires concernant les personnes âgées au Liban », souligne le Dr Hayeck. 
« Le Dr Salam Koussa, professeur de neurologie à la faculté de médecine de l’USJ et chef de service de neurologie à l’Hôtel-Dieu de France, fait partie de l’équipe de recherche. Nous avons également comme partenaires locaux des gériatres et neurologues de l’Université de Balamand et de l’USEK ; et comme partenaires étrangers des neurologues de l’Université de Strasbourg », précise le Dr Hayeck. 
Le coût de l’étude est estimé à 85 000 dollars américains. 
« Nous avons sollicité un soutien financier auprès de l’USJ et des autres universités impliquées, affirme le Dr Hayeck. Le financement des recherches n’étant pas aisé au Liban, nous acceptons volontiers toute aide financière. Les intéressés peuvent prendre contact avec moi en écrivant à l’adresse suivante : gtd@usj.edu.lb »

115 millions de cas en 2050
Rappelons que la maladie d’Alzheimer est une maladie neuro-dégénérative qui, lentement et progressivement, détruit les cellules du cerveau et affecte la mémoire, le raisonnement, le discernement. « C’est la principale cause de démence chez les personnes âgées, explique le Dr Hayeck. Elle atteint un individu dans ce qu’il a de plus important, son intégrité mentale qui fait son identité. » Il n’existe pas encore de traitement curatif pour la maladie d’Alzheimer. « Les traitements actuels sont symptomatiques et visent à améliorer les troubles cognitifs et psycho-comportementaux », poursuit le Dr Hayeck. 
À l’heure actuelle, le diagnostic de l’alzheimer est souvent tardif, ce qui limite la prise en charge des malades. Le rapport mondial 2011 de la fédération ADI (Alzheimer’s Disease International) montre qu’il existe des interventions efficaces aux stades précoces de la maladie. D’où l’intérêt de la détecter le plus tôt possible. Le Dr Hayeck conclut : « On estime qu’aujourd’hui 36 millions de personnes vivent avec une démence dans le monde ; ce nombre va doubler tous les 20 ans pour atteindre 66 millions en 2030 et 115 millions en 2050. Il est donc essentiel de disposer de données épidémiologiques nécessaires pour une détection précoce de la maladie et une estimation adéquate des besoins de santé de la population âgée. » 

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